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Ceinture noire 9e dan de karaté-Shotokan, Sanogo Souleymane, le père du karaté en Côte d’Ivoire, vit une retraite reluisante dans sa villa à Yopougon-Sogefiha Solic 1.

Cet ancien ailier droit de l’As Ran de Bouaké et de l’Africa Sports section football dans les années 60, a été un cadre de l’administration ivoirienne. Marié et père de 13 enfants, le septuagénaire continue la pratique du karaté, sa passion. Dans sa rubrique «Que sont-ils devenus », «Le Sursaut » livre Maître Sanogo Souleymane.

Peut-on savoir en quelle année vous avez commencé la pratique du karaté ?

J’ai commencé la pratique de cette discipline en 1962 à Bouaké. Cela va vous étonner, mais cette date correspond à l’implantation du karaté dans notre pays, grâce notamment à un Français. J’ai eu la chance d’être le tout premier Ivoirien à être son élève, pratiquant de karaté à Bouaké. C’était un expatrié venu dans le cadre de ses études en économie à Bouaké. C’est lui qui a mis en place le tout  premier club de karaté à Bouaké et j’ai eu la chance d’être son élève. C’est donc lui qui m’a pris sous sa coupole, en me donnant des cours dans son salon, avant d’accéder après à son club.

53 ans après, vous êtes en pleine forme. D’où tirez-vous cette énergie ?

(Rires). Le karaté est une discipline qui forge l’être humain physiquement et spirituellement. J’ai tout simplement suivi les conseils de mon maître et j’ai mis du sérieux dans mon travail sans tricher, raison pour laquelle j’ai toujours conservé ma forme. Au karaté, il ne faut pas tricher. Parce que si vous sortez dans la rue, après avoir triché à l’entraînement, vous vous ferez tabasser par quelqu’un qui ne pratique pas le karaté. Depuis que j’ai commencé à pratiquer le karaté, je n’ai jamais mis une barrière sur le travail.

Que dites-vous de l’engouement des Ivoiriens pour cette discipline aujourd’hui ?

Cela me réjouit énormément, le karaté forme philosophiquement aussi l’homme. C’est pourquoi, si les 1/3 de la population ivoirienne pratiquaient les arts martiaux, la Côte d’Ivoire serait l’un des pays le discipliné comme le sont les pays de l’Asie, qui ont toujours cultivé cet esprit. Prenez l’exemple des Japonais, ils ont connu cette révolution, grâce aux arts martiaux. Les valeurs que prône le karaté aident au développement. Dommage qu’en Côte d’Ivoire, au moment où tout le monde s’intéresse aux arts martiaux, l’indiscipline est de mise au sein même des pratiquants. Je trouve cela écœurant, et c’est pour cela que je me suis engagé aux côtés d’anciens maîtres pour mettre un terme à toutes ces dissidences qui n’honorent pas le karaté ivoirien. Bien que le karaté ait évolué au niveau de la technique, l’esprit a baissé. Or l’esprit et la technique évoluent ensemble pour faire de l’homme un karatéka accompli.

Vivez-vous réellement de votre art ?

Malheureusement ce n’est pas le cas, je n’ai aucun revenu concernant le karaté. C’est par amour pour cette discipline que je suis obligé de m’investir à fond. J’apporte mon conseil et mon expérience aux jeunes.

Avez-vous eu droit à des distinctions particulières venant de l’Etat ?

La seule reconnaissance, étant le premier pionnier de l’école de karaté en Côte d’Ivoire, la Grande chancelière, Mme Dagri Diabaté, m’a élevé au titre d’officier dans l’ordre du mérite ivoirien.

Quel conseil pouvez-vous donner aux candidats à l’élection à la présidence de la Fédération ivoirienne de karaté prévue pour le 16 août prochain ?

 Je souhaite une élection apaisée. Malheureusement, il y a que certaines personnes n’ont pas encore saisi l’esprit et les valeurs du karaté. Si un élève voit que celui qui fut son maître est en face de lui, il ne devrait pas y avoir de discussions au niveau des grades. On devrait mettre les gens dans les dispositions de grades. C’est dommage qu’il y ait cette course vers les grades. J’ai commencé à pratiquer le karaté en 1962, mais c’est en 1971 que j’ai passé le premier dan. En 1971, lorsque je passais le premier dan, les élèves que j’ai formés et qui sont allés au taekwondo, étaient tous des ceintures noires. Je veux parler d’Arsène Zirignon et de tous les premiers taekwondo in en Côte d’Ivoire. Ils sont issus de mon club. Et ils me respectent beaucoup. Aujourd’hui, le respect a foutu le camp et c’est triste.

Quel métier avez-vous fait ?

J’ai travaillé au ministère du Plan et aujourd’hui je suis à la retraite, donc à la maison. J’ai aussi travaillé dans une grande firme allemande où j’ai terminé ma mission en 2000. J’ai allié le sport à mon travail. Et j’invite tous les jeunes à la pratique du karaté.

En dehors du karaté, quelle autre discipline aimez-vous ?

C’est bien le football. J’ai joué au football et je suis heureux d’en parler. J’ai débuté à l’As Ran de Bouaké avant d’aller jouer à l’Africa Sports national en 1964.

Ah bon ?

Oui, je peux dire que je suis un sportif accompli même si le karaté a pris le dessus.

Quel est votre joueur préféré ?

Yaya Touré particulièrement, parce qu’il s’est battu pour réaliser son rêve de jouer au FC Barcelone. Un club avec lequel il a tout gagné d’ailleurs.

Votre plat préféré

Du riz à la sauce arachide, même si ces derniers temps mon médecin m’interdit de manger gras.

Souvenez-vous de votre date de naissance ?

Rires, évidemment que oui. Le karaté m’a permis d’avoir une excellente mémoire. Je suis né le vendredi 7 août 1942 à 13 h 05 à Bouaké.

Votre épouse vit-elle avec vous ?

(Il nous la montre). Elle est bien là et je suis heureux lorsque je vois mes 13 enfants, ma véritable richesse.

Un appel du grand maître ?

Que les karatékas ivoiriens donnent une excellente image de cette discipline. Que nos jeunes arrêtent les palabres inutiles. En tant que leur maître, je les invite au respect de leurs aînés.

Source: Maitre Sanogo Souleymane, le père du Karaté en Côte d'Ivoire Publication : 14 Août 2015 Réalisée par Annoncia SEHOUE,  Coll Edmond DOUO (Sgt)

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